Les formes contemporaines de la biopolitique : États, connaissances biomédicales et politiques publiques comparées
Responsables
Thibault Bossy
(Institut d’Études Politiques de Paris)
thibault.bossy@sciences-po.org
François Briatte
(Institut d’Études Politiques de Grenoble)
f.briatte@ed.ac.uk
Date limite : 15 octobre 2008
Les propositions de communications sont à envoyer par courriels aux responsables de la ST.
Cette ST vise à comprendre les formes d’intervention politique dans le champ de la santé publique et de l’organisation des soins, à partir de cas d’étude issus de la période contemporaine.
La sociologie des risques et l’étude des nouveaux risques sanitaires a montré que l’action publique est rarement acquise en première instance (amiante, sang contaminé, obésité…). Dans ces cas de figure, le déclenchement et la forme de l’action publique résultent d’un travail politique spécifique, visant à établir la légitimité et la nécessité d’une intervention des pouvoirs publics. L’objet de cette ST est donc de proposer d’étudier l’action étatique en matière de santé comme variable dépendante.
La biopolitique, qui fournit un point de départ analytique à cette réflexion commune, se définit comme « la manière dont on a essayé, depuis le 18e siècle, de rationaliser les problèmes posés à la pratique gouvernementale par les phénomènes propres à un ensemble de vivants constitués en population : santé, hygiène, natalité, longévité, races… » (1). Cette entrée de lecture se décline de différentes manières. Le cadre d’analyse proposé ici se fonde en grande partie sur l’étude de la biopolitique comme instrument d’action publique fondé sur « l’administration étatique des corps » (2), notamment des souffrances et de la mort, couplé à l’analyse de son soubassement idéologique, lui-même lié à la gouvernementalité libérale (3).
Depuis une vingtaine d’années environ, les signes extérieurs d’un renouvellement des instruments liés à la gouvernementalité biopolitique se multiplient, sous la forme de campagnes d’information adressées au grand public dans le domaine de la nutrition, par la généralisation des programmes de dépistage et de vaccination, ou encore par le renforcement du cadre législatif en matière de tabagisme.
En France particulièrement, on observe le développement de la « sécurité sanitaire » suite aux crises de santé publique (sang contaminé, épidémie de sida), la loi d’orientation de la santé publique du 9 août 2004 et l’écriture de plans luttant contre les maladies de l’abondance (diseases of affluence).
L’observation de ces évolutions, qui touchent l’ensemble des démocraties occidentales, a fréquemment été interprétée comme un renouveau de la santé publique (4), ce que cette ST se propose de vérifier en mettant à l’épreuve, empiriquement et en perspective comparée, les formes contemporaines de la biopolitique dans l’action de l’État.
La ST met l’accent sur trois axes de recherche transversaux, dont l’articulation devra apparaître dans les communications.
Les contributions portant sur d’autres pays que la France et/ou présentant un caractère comparatif sont encouragées.
La date limite pour proposer une communication (2 pages maximum) est le 15 octobre 2008. Une réponse sera donnée le 17 novembre 2008 au plus tard.